Approche paysagère de l’urbanisation : les sites bâtis

Sur le territoire de la communauté de communes de l’Arize, la typologie des bourgs est dépendante du relief, de leur localisation géographique mais aussi de leur situation par rapport aux principaux axes de communication. Les communes du Mas-d’Azil, Sabarat, Les-Bordes-sur-Arize, Campagne-sur-Arize, Daumazan sur-Arize et La Bastide Besplas doivent être distinguées des autres communes. La situation physique (relief, contraintes naturelles,…) ainsi que l’implantation géographique des communes jouent un rôle primordial dans l’organisation urbaine actuelle.

Le Sud du Canton de l’Arize est dominé par les derniers reliefs pyrénéens du Plantaurel, tandis que le reste du territoire est concerné par la vallée de l’Arize, qui elle-même est entourée de part et d’autre de coteaux boisés et vallonnés. L’implantation du bâti sur le territoire se présente de manière différente, en fonction du contexte géographique des lieux, des caractéristiques de la géographie physique, mais également de la vocation du bâti. A titre d’exemple, le bâti traditionnel recherche la meilleure implantation sur le site, profite des matériaux disponibles sur place et compose avec les contraintes du site. Les modes d’habiter d’avant peuvent être considérés comme de haute qualité environnementale.

Les communes telles que Montfa, Camarade, Castex, Loubaut, Gabre ou Méras, sont situées sur des points hauts et souvent remarquables. Ces villages ont un impact paysager faible, car les bourgs sont généralement implantés de manière à réduire les effets de covisibilité. Ils se distinguent peu depuis les divers horizons.

Enfin, bien que situé entre les reliefs pyrénéens du Plantaurel, la commune du Mas d’Azil s’inscrit dans son amphithéâtre naturel de crêts calcaires, une des portes monumentales de la montagne pré-pyrénéenne.

La vallée de l’Arize comprend un cheptel de villages situés à peu près à égale distance les uns des autres. Ces villages ont su profiter de cette proximité avec l’Arize pour permettre de diversifier tous les usages de l’eau (moulins, eau potable, hygiène,…). Cette proximité avec l’eau apportait de nombreux avantages pour les populations, mais elle pouvait aussi représenter un danger pour les personnes et les biens lors d’évènements tels que les crues et les inondations. Les villages de la vallée présentent une typologie urbaine assez dense, ce qui en fait des « villages tas ».

Ainsi, les bourgs situés dans les secteurs des collines du Terrefort et du Plantaurel, se sont développés de manière moins importante que les villages situés au cœur de la vallée de l’Arize.

Le développement de l’urbanisation de ces dernières années engendre des conséquences lourdes sur la qualité et la beauté des paysages de l’Arize. Les nouvelles formes urbaines et les nouveaux modes d’habiter le territoire viennent tous deux bouleverser cette implantation historique du bâti traditionnel qui s’adaptait aux spécificités du territoire, et qui plus est de manière harmonieuse. Ces nouvelles extensions urbaines s’intègrent généralement mal dans le paysage, recherchant à profiter des points de vues remarquables sur la chaîne pyrénéenne. Elles peuvent engendrer des conséquences irréversibles sur les paysages. Ces dernières sont souvent mal articulées, voire déconnectées avec le tissu urbain existant.

Le tissu urbain est à mettre en parallèle avec l’organisation du réseau routier. Les routes départementales D 628 et D 119 jouent un rôle majeur en desservant plusieurs centres bourgs et leur donnent une place centrale dans le territoire. Ils sont de ce fait, mieux « connectés » aux pôles urbains les plus proches : Montesquieu-Volvestre, Carbonne, Saint-Girons, etc. Toutefois, l’attractivité de ces axes structurants a conditionné une urbanisation souvent mal maîtrisée, qui se réalise en deux phases. Dans un premier temps, une urbanisation linéaire s’est développée le long des axes les plus importants. Enfin, dans un second temps, une péri-urbanisation diffuse s’est déves axes secondaires desservant ces axes structurants. L’enjeu est bien la maîtrise du développement urbain dans les villages de l’Arize, de manière à améliorer le cadre de vie des habitants et de préserver et valoriser les paysages qui font l’identité et la richesse patrimoniale du canton.

Le développement de la pression urbaine sur les territoires ruraux tel que l’Arize contribue à une urbanisation souvent peu respectueuse de la structure originelle des villages. Dans ces cas, les nouvelles constructions prennent peu à peu le pas sur l’organisation traditionnelle en s’implantant sur des terrains isolés (Cf. mitage de l’espace agricole et naturel) et déconnectés d’ensemble bâtis anciens ou le long des axes de communication (Cf. urbanisation linéaire). Ces deux formes d’urbanisation conduisent à l’accroissement des coûts (économiques, environnementaux et sociaux) pour les collectivités liées à : une utilisation marginale des équipements et des infrastructures, une dégradation des paysages, une détérioration du lien social au sein des communautés villageoises, un accroissement des risques liés à la proximité des voies de circulation et pour finir, une consommation excessive de foncier.

Remarque : Sur la carte ci dessous, les tâches de couleur marron représentant les extensions urbaines de forme linéaire. Elles prennent en compte aussi bien les extensions assez anciennes (années 1960 – 1970) que les nouvelles extensions (depuis les années 1990). Cependant, la carte illustre bien l’effet déstructurant de ces nouvelles extensions linéaires sur l’organisation et les formes urbaines traditionnelles.